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Un petit tour au Cinéma du Musée pour la #première de RÉPERTOIRE DES VILLES DISPARUES de Denis Côté pic.twitter.com/7dZsFnUEzs

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Profitez de rabais exclusifs sur des forfaits touristiques accommodant tous les goûts et budgets et célébrez l'amou… twitter.com/i/web/status/1…

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Les fleurs fanent, le chocolat rancit...le #cinémaquébécois demeure! En généreux Cupidon du cinéma, on vous touche… twitter.com/i/web/status/1…

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La programmation du #RVPRO, présenté en collaboration avec la @banquenationale est désormais disponible >… twitter.com/i/web/status/1…

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Un petit saut en juin, le temps de vous annoncer que Guylaine Tremblay et Edith Cochrane seront de retour à titre d… twitter.com/i/web/status/1…

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C'est la première fois que cinq films québécois occupent toutes les places dans la catégorie la plus convoitée de c… twitter.com/i/web/status/1…

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En direct de Whitehorse pour présenter des courts métrages des Premières Nations avec la directrice du @Wapikoni Od… twitter.com/i/web/status/1…

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Entrevue avec Simon Lavoie

Vendredi, 3 Novembre 2017

Présenté en première mondiale à Toronto en septembre et en première québécoise au FNC, le film La petite fille qui aimait trop les allumettes sort au Québec à compter d’aujourd’hui. Voir les horaires de projection.

Pour l’occasion, nous nous sommes entretenus avec le scénariste et réalisateur Simon Lavoie pour en connaître un peu plus sur son cinquième long métrage.

Tout d’abord, parlez-nous de la genèse du film. C’est un projet qui vous habitait depuis longtemps, non?

Ça s’est fait en deux temps. Tout d’abord avec la lecture du roman de Gaétan Soucy sorti en 1998. J’étais étudiant. C’est un roman proéminent, quelque chose d’incontournable dans la rentrée littéraire. Un professeur, Hubert-Yves Rose qui était mon professeur de scénarisation qui m’avait recommandé de lire ce livre. En vieillissant je me rends compte que les livres que j’ai lus à l’époque, les films que j’ai pu voir, c’est devenu fondateur de mon univers esthétique et sémantique. Ca a été un choc la lecture de la petite fille. Et j’avais lu que les droits avaient été achetés, que c’était un projet de cinéma [en 2000, NDLR]. J’avais été frappé par le fait que d’autres puissent faire un film à partir du livre. Mais à ce moment-là, je n’étais pas du tout en cinéma. Et puis, les années passaient et je me rendais compte que les choses n’avançaient pas, que ce film-là n’arrivait pas sur les écrans. En 2013, Marcel [Giroux, le producteur, NDLR] m’approche et me présente des versions de scénarios qui avaient été écrites auparavant. Je lui signifiais mon intérêt, mais je voulais repartir du roman. À ce moment-là, j’ai découvert que Gaétan Soucy avait un droit de regard sur la personne qui devait réaliser le film. J’ai donc rencontré Gaétan et on a tissé des liens. Ça a été bref, à peine six mois, puisqu’il est décédé brusquement en juillet 2013. Malgré les difficultés rencontrées avec Le torrent, j’avais le goût de retourner dans cet univers-là. Un univers dont je suis le produit. Celui des Canadiens français, leurs névroses, leurs « bibittes ». Une époque pré-Révolution Tranquille, peuplée de campagnes, d’animaux. Comme si je sentais qu’il y avait quelque chose d’incomplet ou d’insatisfaisant avec Le torrent et que je ne pouvais pas en rester là. Je me suis dit que La petite fille qui aimait trop les allumettes c’était le moyen d’arpenter cet univers-là.

Justement, c’est votre troisième film solo et c’est encore une fois un retour dans notre passé. C’est important pour vous ce rapport à l’Histoire?

Je ne sais pas pourquoi. C’est une vertu du cinéma de pouvoir nous replonger dans une époque qui n’est pas la nôtre, de reconstituer le passé. C’est quelque chose de très construit, en dehors peut-être de la nature, pérenne, presque immuable. Il y a une vraie construction, une création pure. Contrairement à Laurentie, qui est quand même plus une captation presque documentaire. Mais le film d’époque me permet de créer quelque chose de plus total.

À travers vos films, on sent la volonté de construire une œuvre, de créer des oeuvres qui se répondent les uns les autres. Est-ce que c’est quelque chose de conscient?

J’en suis un peu conscient, mais ce n’est pas quelque chose de vraiment construit. Peu à peu, j’en suis venu à constater que je ne peux parler que d’un sujet, celui qui concerne ce que l’on est, collectivement. C’est de tenter de participer humblement à une sorte d’édification, d’apporter ma brique à définir qui l’on est comme peuple à travers les arts narratifs, comme d’autres artistes contribuent à construire notre imaginaire, notre mythologie. C’est en ce sens que ça vaut la peine de passer toutes ces années à « taponner » sur un film dans des conditions difficiles. Je suis toujours intéressé à questionner nos racines, nos fondements. C’est en fait la seule chose dans laquelle je trouve de l’énergie.

Comme Le torrent, La petite fille qui aimait trop les allumettes est un film basé sur une œuvre difficile à adapter, donc c’est un film difficile. Est-ce un défi que vous vous êtes lancé?

En fait, je m’aperçois que l’on est toujours en train d’adapter. Un événement, un article de journal, un trauma, une histoire d’enfance. Dans mon cas, Le torrent c’est une lecture marquante. Il y a eu un avant et un après. La petite fille… c’est pareil. Quinze ans plus tard ce qui m’était resté du roman, ce n’est pas ses aspects langagiers ou baroques, c’était les personnages, leurs liens, leurs relations un peu incestueuses, la bête dans le caveau. Donc, j’ai voulu revenir à ça, à ce qui me restait du livre. Une vision un peu simplifiée collée aux personnages. Vivre l’action en même temps qu’eux. La jeune fille semble faire l’expérience des choses pour la première fois. C’est extrêmement touchant et vibrant. Donc j’ai voulu repartir de ça. J’ai essayé de voir comment garder l’esprit à défaut de faire une adaptation littérale. Comprendre son positionnement.

En plus de références personnelles, est-ce qu’il y a des œuvres cinématographiques qui vous ont inspirées pour créer cet univers?

Il y a un film qui représentait bien ce que je voulais faire, c’est Wuthering Heights d’Andréa Arnold, où elle adapte une énième fois le roman d’Émilie Bronté, mais en dépouillant le roman et en ne conservant que l’essence brute. Mais il y a eu Pasolini, ou un film plus obscur de Juraj Herz Spalova, un cinéaste tchèque en noir et blanc ou on faisait usage du grand-angle, où on n’avait pas peur d’être frontal, parfois même d’être grotesque.

En plus de confirmer le talent d’Antoine Lécuyer, vous nous faites découvrir une jeune comédienne que l’on ne connaît pas Marine Johnson. Comment s’est passée votre rencontre? Est-ce une révélation?

Oui c’est une révélation. On l’a découvert en salle d’audition. Elle avait tourné dans Ina Litovski un court métrage d’Anaïs Barbeau Lavalette. Je me suis toujours rappelé de ce visage sur l’affiche. On l’a retracé et on l’a vue en audition. Elle est habitée. Elle a en elle quelque chose de profond qui la distingue. C’est la pierre angulaire sur lequel tout notre casting s’est construit. Et puis il y a Antoine, qui est là depuis plus longtemps. Quand on a fait les premières demandes de financement, fin 2013, il était déjà dans le projet, donc comme je ne voulais pas le perdre, on a du réécrire son rôle pour le rendre plus vieux que sa jeune sœur. J’ai eu la chance de faire le casting moi-même et on a fait des auditions au mérite. C’est de plus en plus vers ça que je veux tendre.

Par: Charles-Henri Ramond

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